Thus Spake Zarathustra: A Book for All and None

By Friedrich Nietzsche

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for three days
he did not take any meat or drink: he had no rest, and lost his speech.
At last it came to pass that he fell into a deep sleep. His disciples,
however, sat around him in long night-watches, and waited anxiously to
see if he would awake, and speak again, and recover from his affliction.

And this is the discourse that Zarathustra spake when he awoke; his
voice, however, came unto his disciples as from afar:

Hear, I pray you, the dream that I dreamed, my friends, and help me to
divine its meaning!

A riddle is it still unto me, this dream; the meaning is hidden in it
and encaged, and doth not yet fly above it on free pinions.

All life had I renounced, so I dreamed. Night-watchman and
grave-guardian had I become, aloft, in the lone mountain-fortress of
Death.

There did I guard his coffins: full stood the musty vaults of those
trophies of victory. Out of glass coffins did vanquished life gaze upon
me.

The odour of dust-covered eternities did I breathe: sultry and
dust-covered lay my soul. And who could have aired his soul there!

Brightness of midnight was ever around me; lonesomeness cowered beside
her; and as a third, death-rattle stillness, the worst of my female
friends.

Keys did I carry, the rustiest of all keys; and I knew how to open with
them the most creaking of all gates.

Like a bitterly angry croaking ran the sound through the long corridors
when the leaves of the gate opened: ungraciously did this bird cry,
unwillingly was it awakened.

But more frightful even, and more heart-strangling was it, when it again
became silent and still all around, and I alone sat in that malignant
silence.

Thus did time pass with me, and slip by, if time there still was: what
do I know thereof! But at last there happened that which awoke me.

Thrice did there peal peals at the gate like thunders, thrice did the
vaults resound and howl again: then did I go to the gate.

Alpa! cried I, who carrieth his ashes unto the mountain? Alpa! Alpa! who
carrieth his ashes unto the mountain?

And I pressed the key, and pulled at the gate, and exerted myself. But
not a finger's-breadth was it yet open:

Then did a roaring wind tear the folds apart: whistling, whizzing, and
piercing, it threw unto me a black coffin.

And in the roaring, and whistling, and whizzing the coffin burst up, and
spouted out a thousand peals of laughter.

And a thousand caricatures of children, angels, owls, fools, and
child-sized butterflies laughed and mocked, and roared

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Text Comparison with Ainsi Parlait Zarathoustra

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Maintenant ton métier te fait périr: c'est pourquoi je vais t'enterrer de mes mains.
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Et pour moi aussi, pour moi qui suis porté vers la vie, les papillons et les bulles de savon, et tout ce qui leur ressemble parmi les hommes, me semble le mieux connaître le bonheur.
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Dans l'amour de la femme il y a de l'injustice et de l'aveuglement à l'égard de tout ce qu'elle n'aime pas.
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Est honorable ce qui lui semble difficile; ce qui est indispensable et difficile, s'appelle bien.
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C'est avec ces prédicateurs de l'égalité que je ne veux pas être mêlé et confondu.
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Avec un air sombre, ce chasseur est revenu de la forêt de la connaissance.
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Je m'en effrayais horriblement: je fus précipité à terre et je criais d'épouvante, comme jamais je n'avais crié.
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Mais alors il regarda longtemps en plein visage le disciple qui lui avait expliqué son rêve, et, ce faisant, il secoua la tête.
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Car, tout à l'heure, la pleine lune s'est levée au-dessus de la maison, avec un silence de mort; tout à l'heure elle s'est arrêtée, disque enflammé, - sur le toit plat, comme sur un bien étranger: C'est ce qui exaspéra le chien: car les chiens croient aux voleurs et aux fantômes.
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O bonheur avant le soir! O rade en pleine mer! O paix dans l'incertitude! Comme je me méfie de vous tous! En vérité, je me méfie de votre beauté maligne! Je ressemble à l'amant qui se méfie d'un sourire trop velouté.
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J'aime aussi à le chatouiller avec un petit cierge: afin qu'il permette enfin au ciel de sortir de l'aube cendrée.
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"Pour les purs, tout est pur" - ainsi parle le peuple.
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" - - "O Zarathoustra , dirent alors les animaux, pour ceux qui pensent comme nous, ce sont les choses elles-mêmes qui dansent: tout vient et se tend la main, et rit, et s'enfuit - et revient.
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" - Alors Zarathoustra se tut et s'étonna.
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Partout on voit des ressuscités.
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Vous qui créez, hommes supérieurs! Quiconque doit enfanter est malade; mais celui qui a enfanté est impur.
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Pardonne, ô Zarathoustra, à un vieux coeur de pape pieux!" - - "Et toi, dit Zarathoustra au voyageur et à l'ombre, tu t'appelles esprit libre, tu te figures être un esprit libre? Et tu te livres ici à de pareilles idolâtries et à de pareilles momeries? En vérité, tu fais ici de pires choses que tu n'en faisais auprès des jeunes filles brunes et malignes, toi le croyant nouveau et malin!" "C'est triste, en effet, répondit le voyageur et l'ombre, tu as raison: mais qu'y puis-je! Le Dieu ancien revit, ô Zarathoustra, tu diras ce que voudras.
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procurée: alors ils s'élancèrent vers Zarathoustra, pleins de reconnaissance, de respect et d'amour, en luis baisant la main, selon la particularité de chacun: de sort que quelques-uns riaient et que d'autres pleuraient.
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Tels qu'ils se présentent ici et malgré leur caractère inachevé, ces quatre-vingt-deux aphorismes permettront en tous les cas de jeter un coup d'oeil dans le laboratoire intellectuel de Nietzsche.
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G.