Thus Spake Zarathustra: A Book for All and None

By Friedrich Nietzsche

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for the sake of his children must Zarathustra perfect
himself.

For in one's heart one loveth only one's child and one's work; and where
there is great love to oneself, then is it the sign of pregnancy: so
have I found it.

Still are my children verdant in their first spring, standing nigh one
another, and shaken in common by the winds, the trees of my garden and
of my best soil.

And verily, where such trees stand beside one another, there ARE Happy
Isles!

But one day will I take them up, and put each by itself alone: that it
may learn lonesomeness and defiance and prudence.

Gnarled and crooked and with flexible hardness shall it then stand by
the sea, a living lighthouse of unconquerable life.

Yonder where the storms rush down into the sea, and the snout of the
mountain drinketh water, shall each on a time have his day and night
watches, for HIS testing and recognition.

Recognised and tested shall each be, to see if he be of my type and
lineage:--if he be master of a long will, silent even when he speaketh,
and giving in such wise that he TAKETH in giving:--

--So that he may one day become my companion, a fellow-creator and
fellow-enjoyer with Zarathustra:--such a one as writeth my will on my
tables, for the fuller perfection of all things.

And for his sake and for those like him, must I perfect MYSELF:
therefore do I now avoid my happiness, and present myself to every
misfortune--for MY final testing and recognition.

And verily, it were time that I went away; and the wanderer's shadow and
the longest tedium and the stillest hour--have all said unto me: "It is
the highest time!"

The word blew to me through the keyhole and said "Come!" The door sprang
subtlely open unto me, and said "Go!"

But I lay enchained to my love for my children: desire spread this
snare for me--the desire for love--that I should become the prey of my
children, and lose myself in them.

Desiring--that is now for me to have lost myself. I POSSESS YOU, MY
CHILDREN! In this possessing shall everything be assurance and nothing
desire.

But brooding lay the sun of my love upon me, in his own juice stewed
Zarathustra,--then did shadows and doubts fly past me.

For frost and winter I now longed: "Oh, that frost and winter would
again make me crack and crunch!" sighed I:--then arose icy mist out of
me.

My past burst its tomb, many pains buried alive woke up--: fully slept
had they merely, concealed in corpse-clothes.

So called everything unto me in signs:

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Text Comparison with Ainsi Parlait Zarathoustra

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Leur idole sent mauvais, ce froid monstre: ils sentent tous mauvais, ces idolâtres.
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Mais si vous avez un ennemi, ne lui rendez pas le bien pour le mal; car il en serait humilié.
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L'amour du jeune homme manque de maturité, voilà pourquoi il hait les hommes et la terre.
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Est fou qui veut leur demander la connaissance! Mes frères, prenez garde.
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Ils suivent leur volonté inexorable; c'est là leur froideur.
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- Et voici la chanson que chanta Zarathoustra, tandis que Cupidon et les jeunes filles dansaient ensemble: Un jour j'ai contemplé tes yeux, ô vie! Et il me semblait tomber dans un abîme insondable! Mais tu m'as retiré avec des hameçons dorés; tu avais un rire moqueur quand je te nommais insondable.
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Oui, vous me faites rire, hommes actuels! et surtout quand vous vous étonnez de vous-mêmes! Malheur à moi si je ne pouvais rire de votre étonnement et s'il me fallait avaler tout ce que vos écuelles contiennent de répugnant! Mais je vous prends à la légère, puisque j'ai des _choses lourdes_ à porter; et que m'importe si des mouches se posent sur mon fardeau! En vérité mon fardeau n'en sera pas plus lourd! Et ce n'est pas de vous, mes contemporains, que me viendra la grande fatigue.
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de la mer s'élève avec ses mille mamelles.
Page 99
Maintenant vous avez tout entendu.
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" "Oui, oui! La foi le sauve, la foi en lui-même.
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Mais vous autres qui êtes fatigués du monde et paresseux! Il faut vous caresser de verges! à coups de verges il faut vous rendre les jambes alertes.
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Le vent se joue des lourds parfums qui veulent venir à toi; et tous les ruisseaux voudraient courir à toi.
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La terre humaine se transformait pour moi en caverne, son sein se creusait, tout ce qui était vivant devenait pour moi pourriture, ossements humains et passé en ruines.
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Où es-tu? Donne-moi la main! Ou bien un doigt seulement! Il y a là des cavernes et des fourrés: nous allons nous égarer! - Halte! Arrête-toi! Ne vois-tu pas voltiger des hiboux et des chauves-souris? Toi, hibou que tu es! Chauve-souris! Tu veux me narguer? Où sommes-nous? C'est des chiens que tu as appris à hurler et à glapir.
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" O Zarathoustra, à ces paroles le sang de nos pères s'est retourné dans nos corps: cela a été comme la parole du printemps à de vieux tonneaux de vin.
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pas ta piété même qui t'empêche de croire à un Dieu? Et ta trop grande loyauté finira par te conduire par delà le bien et le mal! Vois donc, ce qui a été réservé pour toi? Tu as des yeux, une main et une bouche, qui sont prédestinés à bénir de toute éternité.
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Pour te récompenser, je te recommande le mien.
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Mais à peine Zarathoustra avait-il quitté la caverne, que le vieil enchanteur se leva et, regardant malicieusement autour de lui, il dit: "Il est sorti! Et déjà, ô homme supérieurs - permettez-moi de vous chatouiller de ce nom de louange et de flatterie, comme il fit lui-même - déjà mon esprit malin et trompeur, mon esprit d'enchanteur, s'empare de moi, mon démon de mélancolie, - qui est, jusqu'au fond du coeur, l'adversaire de ce Zarathoustra: pardonnez-lui! Maintenant il _veut_ faire devant vous ses enchantements, c'est justement _son_ heure; je lutte en vain avec ce mauvais esprit.
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Après.
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_ La première édition complète de ces trois parties parut à la fin de 1886 chez E.