Jenseits von Gut und Böse

By Friedrich Nietzsche

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mit abgeschafft: sie
wäre nicht mehr nöthig, sie hielte sich selbst nicht mehr für nöthig!
- Wer das Gewissen des heutigen Europäers prüft, wird aus tausend
moralischen Falten und Verstecken immer den gleichen Imperativ
herauszuziehen haben, den Imperativ der Heerden-Furchtsamkeit: "wir
wollen, dass es irgendwann einmal Nichts mehr zu fürchten giebt!"
Irgendwann einmal - der Wille und Weg dorthin heisst heute in Europa
überall der "Fortschritt".


202.

Sagen wir es sofort noch einmal, was wir schon hundert Mal gesagt
haben: denn die Ohren sind für solche Wahrheiten - für unsere
Wahrheiten - heute nicht gutwillig. Wir wissen es schon genug, wie
beleidigend es klingt, wenn Einer überhaupt den Menschen ungeschminkt
und ohne Gleichniss zu den Thieren rechnet; aber es wird beinahe
als Schuld uns angerechnet werden, dass wir gerade in Bezug auf die
Menschen der "modernen Ideen" beständig die Ausdrücke "Heerde",
"Heerden-Instinkte" und dergleichen gebrauchen. Was hilft es! Wir
können nicht anders: denn gerade hier liegt unsre neue Einsicht. Wir
fanden, dass in allen moralischen Haupturtheilen Europa einmüthig
geworden ist, die Länder noch hinzugerechnet, wo Europa's Einfluss
herrscht: man weiss ersichtlich in Europa, was Sokrates nicht zu
wissen meinte, und was jene alte berühmte Schlange einst zu lehren
verhiess, - man "weiss" heute, was Gut und Böse ist. Nun muss es hart
klingen und schlecht zu Ohren gehn, wenn wir immer von Neuem darauf
bestehn: was hier zu wissen glaubt, was hier mit seinem Loben und
Tadeln sich selbst verherrlicht, sich selbst gut heisst, ist der
Instinkt des Heerdenthiers Mensch: als welcher zum Durchbruch, zum
Übergewicht, zur Vorherrschaft über andere Instinkte gekommen ist und
immer mehr kommt, gemäss der wachsenden physiologischen Annäherung
und Anähnlichung, deren Symptom er ist. Moral ist heute in Europa
Heerdenthier-Moral: - also nur, wie wir die Dinge verstehn, Eine Art
von menschlicher Moral, neben der, vor der, nach der viele andere, vor
Allem höhere Moralen möglich sind oder sein sollten. Gegen eine solche
"Möglichkeit", gegen ein solches "Sollte" wehrt sich aber diese Moral
mit allen Kräften: sie sagt hartnäckig und unerbittlich "ich bin die
Moral selbst, und Nichts ausserdem ist Moral!" - ja mit Hülfe einer
Religion, welche den sublimsten Heerdenthier-Begierden zu Willen
war und schmeichelte, ist es dahin gekommen, dass wir selbst in
den politischen und gesellschaftlichen Einrichtungen einen immer
sichtbareren Ausdruck dieser Moral finden: die demokratische Bewegung
macht die Erbschaft der christlichen. Dass aber deren Tempo für die
Ungeduldigeren, für die Kranken und Süchtigen des genannten Instinktes
noch viel zu langsam und schläfrig ist, dafür spricht das immer
rasender werdende Geheul, das immer unverhülltere Zähnefletschen
der Anarchisten-Hunde, welche jetzt durch die Gassen der
europäischen Cultur schweifen: anscheinend im Gegensatz zu den
friedlich-arbeitsamen Demokraten und Revolutions-Ideologen, noch mehr
zu den tölpelhaften Philosophastern

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Text Comparison with Ainsi Parlait Zarathoustra

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Mais j'ai besoin de compagnons vivants qui me suivent, parce qu'ils veulent se suivre eux-mêmes - partout où je vais.
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n'y a rien de plus grand que moi sur la terre: je suis le doigt ordonnateur de Dieu" - ainsi hurle le monstre.
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Ta fierté sans paroles leur est toujours contraire; ils jubilent quand il t'arrive d'être assez modeste pour être vaniteux.
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"Voici, le monde vient d'être parfait!" - ainsi pense toute femme qui obéit dans la plénitude de son amour.
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Maudissez plutôt un peu de votre côté! Et si l'on vous inflige une grande injustice, ajoutez-en vite cinq autres petites.
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Elles veulent faire mal à ceux qui ont maintenant la puissance: car c'est à ceux-là que la prédication de la mort est le plus familière.
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Oui, tu demeures pour moi la destructrice de tous les tombeaux: salut à toi, ma volonté! Et ce n'est que là où il y a des tombeaux, qu'il y a résurrection.
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J'ai suivi ce qui est vivant, je l'ai poursuivi sur les grands et sur les petits chemins, afin de connaître ses coutumes.
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Le buffle regarde avec colère, son âme est tout près du sable, plus près encore du fourré, mais le plus près du marécage.
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Et quand même viendrait le long crépuscule et la fatigue mortelle, tu ne disparaîtrais pas de notre ciel, affirmateur de la vie! Tu nous a fait voir de nouvelles étoiles et de nouvelles splendeurs nocturnes; en vérité, tu as étendu sur nos têtes le rire lui-même, comme une tente multicolore.
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Celui qui plane sur les hautes montagnes se rit de toutes les tragédies de la scène det de la vie.
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Car seul on aime du fond du coeur son enfant et son oeuvre; et où il y a un grand amour de soi, c'est signe de fécondité: voilà ce que j'ai remarqué.
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J'ai mis en place de cette volonté, cette pétulance et cette folie, lorsque j'ai enseigné: "Il y a une chose qui sera toujours impossible - c'est d'être raisonnable!" _Un peu_ de raison cependant, un grain de sagesse, dispersé d'étoile en étoile, - ce levain est mêlé à toutes choses: c'est à cause de la folie que la sagesse est mêlée à toutes les choses! Un peu de sagesse est possible; mais j'ai trouvé dans toutes choses cette certitude bienheureuse: elles préfèrent _danser_ sur les pieds du hasard.
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"Ici toutes choses s'approchent à ta parole, elles te cajolent et te prodiguent leurs caresses: car elles veulent monter sur ton dos.
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Quand le grand homme crie: - aussitôt le petit accourt à ses côtés; et l'envie lui fait pendre la langue hors de la bouche.
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O mon âme, je t'ai appris à persuader de telle sorte que les causes mêmes se rendent à ton avis: semblable au soleil qui persuade même la mer à monter à sa hauteur.
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Si jamais ma colère a violé des tombes, reculé des bornes frontières et jeté de vieilles tables brisées dans des profondeurs à pic: Si jamais ma moquerie a éparpillé des paroles décrépites, si je suis venu comme un balai pour les araignées, et comme un vent purificateur pour les cavernes mortuaires, vieilles et moisies: Si je me suis jamais assis plein d'allégresse, à l'endroit où sont enterrés des dieux anciens, bénissant et aimant le monde, à côté des monuments d'anciens calomniateurs du monde: - car j'aimerai même les églises et les tombeaux des dieux, quand le ciel regardera d'un oeil clair à travers leurs voûtes brisées; j'aime à être assis sur les églises détruites, semblable à l'herbe et au rouge pavot - O comment ne serais-je pas ardent de l'éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux - l'anneau du devenir et du retour? Jamais encore je n'ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n'est cette femme que j'aime: car je t'aime, ô éternité! Car je t'aime, ô Éternité! 3.
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Si j'aime la mer et tout ce qui ressemble à la mer et le plus encore quand fougueuse elle me contredit: Si je porte en moi cette joie du chercheur, cette joie qui pousse la voile vers l'inconnu, s'il y a dans ma joie une joie de navigateur: Si jamais mon allégresse s'écria: "Les côtes ont disparu - maintenant ma dernière chaîne est tombée - l'immensité sans bornes bouillonne autour de moi, bien loin de moi scintillent le temps et l'espace, allons! en route! Vieux coeur!" - O comment ne serais-je pas ardent de l'éternité, ardent du nuptial anneau des anneaux, - l'anneau du devenir et du retour? Jamais encore je n'ai trouvé la femme de qui je voudrais avoir des enfants, si ce n'est cette femme que j'aime: car je t'aime, ô éternité! Car je t'aime, ô Éternité! 6.
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Alors les colombes voletèrent çà et là, se placèrent sur son épaule, en caressant ses cheveux blancs, et elles ne se fatiguèrent point dans leur tendresse et dans leur félicité.