Human, All-Too-Human: A Book for Free Spirits, Part 1 Complete Works, Volume Six

By Friedrich Nietzsche

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in the truth of everything that is visibly,
strongly believed in.


53.

THE NOMINAL DEGREES OF TRUTH.--One of the commonest mistakes is this:
because some one is truthful and honest towards us, he must speak the
truth. Thus the child believes in its parents' judgment, the Christian
in the assertions of the Founder of the Church. In the same way men
refuse to admit that all those things which men defended in former ages
with the sacrifice of life and happiness were nothing but errors; it
is even said, perhaps, that they were degrees of the truth. But what
is really meant is that when a man has honestly believed in something,
and has fought and died for his faith, it would really be too _unjust_
if he had only been inspired by an error. Such a thing seems a
contradiction of eternal justice; therefore the heart of sensitive man
ever enunciates against his head the axiom: between moral action and
intellectual insight there must absolutely be a necessary connection.
It is unfortunately otherwise; for there is no eternal justice.


54.

FALSEHOOD.--Why do people mostly speak the truth in daily
life?--Assuredly not because a god has forbidden falsehood. But,
firstly, because it is more convenient, as falsehood requires
invention, deceit, and memory. (As Swift says, he who tells a lie is
not sensible how great a task he undertakes; for in order to uphold
one lie he must invent twenty others.) Therefore, because it is
advantageous in upright circumstances to say straight out, "I want
this, I have done that," and so on; because, in other words, the path
of compulsion and authority is surer than that of cunning. But if a
child has been brought up in complicated domestic circumstances, he
employs falsehood, naturally and unconsciously says whatever best suits
his interests; a sense of truth and a hatred of falsehood are quite
foreign and unknown to him, and so he lies in all innocence.


55.

THROWING SUSPICION ON MORALITY FOR FAITH'S SAKE.--No power can be
maintained when it is only represented by hypocrites; no matter how
many "worldly" elements the Catholic Church possesses, its strength
lies in those still numerous priestly natures who render life hard
and full of meaning for themselves, and whose glance and worn bodies
speak of nocturnal vigils, hunger, burning prayers, and perhaps even of
scourging; these move men and inspire them with fear. What if it were
_necessary_ to live thus? This is the terrible question which their
aspect brings to the lips. Whilst they spread this doubt they always
uprear another pillar of their power; even the free-thinker does not
dare to withstand such

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Text Comparison with Considérations inactuelles, deuxième série Schopenhauer éducateur, Richard Wagner à Bayreuth

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Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées.
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Les artistes seuls détestent cette attitude relâchée, faite de convention et d'opinions empruntées, et ils dévoilent le mystère, ils montrent la mauvaise conscience de chacun, affirmant que tout homme est un mystère unique.
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Le christianisme, par l'élévation de son idéal, a tellement renchéri sur les anciens systèmes de morale et sur le naturel qui régnait également dans tous ces systèmes, qu'en face de ce naturel les sens se sont émoussés jusqu'à l'écœurement; ensuite, tout en admettant encore cette qualité supérieure sans être capable de la réaliser, on n'était capable, quoi qu'on en eût, de revenir au bien et à la grandeur, c'est-à-dire à cette vertu antique.
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Les eaux de la religion s'écoulent et laissent derrière elles des marécages ou des étangs; les nations se séparent de nouveau, se combattent les unes les autres et demandent à s'entre-déchirer.
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Soudain une musique retentit.
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Souvent, lorsque je montrais à quelqu'un l'absence de toute culture allemande, je m'entendais objecter: «Mais cette absence est toute naturelle, car les Allemands ont été jusqu'à présent trop pauvres et trop modestes.
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On peut même aller jusqu'à affirmer que tous les termes généraux portent maintenant un apprêt artificiel et antinaturel; c'est pourquoi une postérité plus clairvoyante fera à notre époque le grave reproche d'avoir quelque chose de contourné et de difforme, quelle que soit la vanité bruyante que nous tirons de notre «santé».
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Je reviens à ce sujet, car il faut contraindre les hommes à le prendre au sérieux, c'est-à-dire à se laisser par lui pousser à un acte; et je considérerais toute parole écrite inutilement qui ne contiendrait pas une pareille incitation à l'action.
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D'ailleurs, comme je viens de le dire, au meilleur cas seulement, car devant la plupart des travaux savants faits par des philosophes d'Université, le philologue a l'impression qu'ils sont mal faits, que la rigueur scientifique leur fait défaut et qu'il s'en dégage le plus souvent un détestable ennui.
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Enlevez-le!» Alors ils s'en vont de nouveau, trébuchant en arrière, vers leur propre perplexité et leur propre incertitude.
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Chez lui la sensibilité n'était éveillée que légèrement et imparfaitement satisfaite.
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C'est pourquoi leurs artistes sont condamnés à être privés d'espérance, tant qu'ils ne prendront pas la musique pour guide, quand ils voudront pénétrer dans un nouveau monde des perspectives visibles.
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Quant à savoir si _l'esprit est présent_ aujourd'hui, nous laisserons aux juges de l'avenir, qui feront passer les hommes modernes par leur crible, le soin d'approfondir cette question.
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Il suit des yeux les destinées du héros, avec un amour et une sollicitude paternels.
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Ce qui est magnifique, enivrant, déroutant, grandiose, terrible, bruyant, laid, extasiant, nerveux,--tout cela a droit de cité.
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Comment ceux-ci peuvent-ils s'identifier? Le musicien peut, à vrai dire, ressentir, dans son for intérieur, toutes les péripéties du drame et les rendre sous forme de musique pure (l'ouverture de _Coriolan_).
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loi: un sentiment entamé peut se prolonger longtemps chez un musicien et être bref chez un autre.
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Comment Wagner a-t-il recruté ses adhérents? Des chanteurs qui, en tant qu'acteurs du drame, devenaient intéressants et auxquels il offrait une nouvelle possibilité d'agir, peut-être avec une voix médiocre.
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En condamnant Wagner, Nietzsche lui a rendu le plus magnifique hommage.
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certaine du mépris de soi, du «marécage»: le cas de Baudelaire en France, le cas d'Edgar Allan Poë en Amérique, le cas de Wagner en Allemagne.