Human, All-Too-Human: A Book for Free Spirits, Part 1 Complete Works, Volume Six

By Friedrich Nietzsche

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is given,
where no one would look for it, in a passage of my parenetic work
on Schopenhauer,[2] with the arrangement of which every experienced
servant of knowledge may be satisfied, even though he might wish to
dispense with the ironical touch that seems to pervade those pages.
For if it be true that for the making of a scholar "a number of very
human impulses and desires must be thrown together," that the scholar
is indeed a very noble but not a pure metal, and "consists of a
confused blending of very different impulses and attractions," the
same thing may be said equally of the making and nature of the artist,
the philosopher and the moral genius--and whatever glorified great
names there may be in that list. _Everything_ human deserves ironical
consideration with respect to its _origin,_--therefore irony is so
_superfluous_ in the world.


253.

FIDELITY AS A PROOF OF VALIDITY.--It is a perfect sign of a sound
theory if during _forty years_ its originator does not mistrust it; but
I maintain that there has never yet been a philosopher who has not
eventually deprecated the philosophy of his youth. Perhaps, however,
he has not spoken publicly of this change of opinion, for reasons of
ambition, or, what is more probable in noble natures, out of delicate
consideration for his adherents.


254.

THE INCREASE OF WHAT IS INTERESTING.--In the course of higher education
everything becomes interesting to man, he knows how to find the
instructive side of a thing quickly and to put his finger on the place
where it can fill up a gap in his ideas, or where it may verify a
thought. Through this boredom disappears more and more, and so does
excessive excitability of temperament. Finally he moves among men like
a botanist among plants, and looks upon himself as a phenomenon, which
only greatly excites his discerning instinct.


255.

THE SUPERSTITION OF THE SIMULTANEOUS.--Simultaneous things hold
together, it is said. A relative dies far away, and at the same time
we dream about him,--Consequently! But countless relatives die and we
do not dream about them. It is like shipwrecked people who make vows;
afterwards, in the temples, we do not see the votive tablets of those
who perished. A man dies, an owl hoots, a clock stops, all at one hour
of the night,--must there not be some connection? Such an intimacy
with nature as this supposition implies is flattering to mankind. This
species of superstition is found again in a refined form in historians
and delineators of culture, who usually have a kind of hydrophobic
horror of all that senseless mixture, in which individual and

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Text Comparison with Considérations inactuelles, deuxième série Schopenhauer éducateur, Richard Wagner à Bayreuth

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On a véritablement honte d'avoir des contemporains aussi sereins, parce qu'ils compromettent votre époque et nous autres hommes auprès de la postérité.
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Ce danger accompagne tout penseur qui prend comme point de départ la philosophie kantienne, en admettant qu'il soit un homme vigoureux et complet, aussi bien dans ses souffrances que dans ses passions et non point seulement une bruyante machine à penser et à calculer.
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Ces trois dangers constitutionnels qui menacent Schopenhauer nous menacent.
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Ceci est en somme plus consolant pour les premiers que pour les derniers, et nous n'en voudrons nullement aux Français s'ils se moquent de nous précisément à cause de notre manque d'intérêt et d'élégance et si, chez certains Allemands, le besoin de distinction et de manières leur rappelle les Indiens, qui demandent qu'on leur mette un anneau dans le nez et qui poussent des cris pour être tatoués.
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On trouve chez lui, tout d'abord, une forte curiosité, qui s'accroît toujours davantage, l'aspiration aux aventures de la connaissance, la suggestion continuelle et toujours plus puissante de ce qui est nouveau et rare, une opposition à ce qui est vieux et ennuyeux.
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Quand par hasard les deux routes se croisent, il se voit maltraité, jeté à l'écart ou isolé par le vide que l'on fait autour de lui.
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C'est que la nature est mauvaise ménagère, ses dépenses étant infiniment supérieures au bénéfice qu'elle en tire, de sorte que, malgré toutes ses richesses, elle finira un jour par se ruiner.
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revenus centuples, s'il existait par exemple moins d'artistes et que ceux-ci fussent de capacités moindres, mais, par contre, plus d'hommes réceptifs, doués d'une plus grande force d'absorption et d'une espèce plus vigoureuse que les artistes eux-mêmes.
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On ne saurait déterminer à quel moment le précoce Schopenhauer a dû contempler cette image de la vie, qu'il tenta de retracer plus tard dans tous ses écrits.
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Qui n'aurait besoin des eaux lustrales? Qui pourrait ne pas entendre la voix qui lui crie: tais-toi et sois pur! Se taire et être pur! Ce n'est qu'en tant que nous sommes de ceux qui entendent cette voix que nous sera accordé le _regard souverain_ dont nous avons besoin pour contempler l'événement de Bayreuth.
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Avec l'apparition de sa virilité intellectuelle et morale commence aussi le drame de sa vie.
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Il vit ces Allemands faire preuve, dans des situations exceptionnelles, de deux vertus réelles, la prudence et la simple bravoure; il commença dès lors à croire qu'il n'était peut-être pas le dernier Allemand et qu'un jour il verrait peut-être se ranger autour de son œuvre une puissance plus efficace que le dévouement sincère, mais limité de ses quelques rares amis, une puissance capable de protéger son œuvre jusqu'au moment où, dans un lointain avenir, celle-ci serait véritablement considérée comme l'œuvre d'art de cet avenir.
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Combien chaque effet obtenu devrait nécessairement être sans profondeur et sans idées, à quel point il s'agissait plutôt de satisfaire l'avidité d'un insatiable que de nourrir un affamé, il pouvait s'en rendre compte d'après un phénomène qui se répétait régulièrement: partout, même parmi les exécutants et les virtuoses, ses compositions étaient traitées comme toute musique de scène, conformément aux formules vulgaires et traditionnelles du style d'opéra.
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--Un philosophe pourrait peut-être mettre en parallèle une œuvre correspondante qui serait complètement dépourvue d'images et d'action et ne s'adresserait à nous que par des idées abstraites.
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Personne ne pourra jamais calculer de quelle abnégation, de quelle rigueur, de quelle unité de volonté l'artiste eut besoin au moment où son génie était encore en plein développement, pour être à même de faire ensuite, à l'époque de sa pleine maturité, ce qui était nécessaire qu'il fît, et de le faire avec une joyeuse liberté, à chaque moment de son inspiration.
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Lorsque la nature dénaturée a fini par prendre conscience d'elle-même, il ne lui reste plus qu'à désirer le néant, tandis que la nature vraie aspire à la transformation par l'amour: celle-là _ne veut plus être_, celle-ci _veut devenir différente d'elle-même_.
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Cependant, tout ce que j'ai alors vécu, j'y vis pour une catégorie particulière d'hommes des expériences typiques qu'il me parut être mon devoir d'exprimer.
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--Est ce encore allemand?-- C'est des cœurs allemands qu'est venu ce lourd hurlement? Et ce sont les corps allemands qui se mortifient ainsi? Allemandes sont ces mains tendues de prêtres bénissants, Ces excitations des sens.
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123: L'antiquité indienne ouvre ses porte L'antiquité indienne ouvre ses portes p.