Ecce Homo Complete Works, Volume Seventeen

By Friedrich Nietzsche

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as
morality and as law, and remained suspended over man as the Categorical
Imperative. Fancy blundering in this way, _not_ as an individual,
_not_ as a people, but as a whole species! as _humanity_! To teach the
contempt of all the principal instincts of life; to posit falsely the
existence of a "soul," of a "spirit," in order to be able to defy the
body; to spread the feeling that there is something impure in the very
first prerequisite of life--in sex; to seek the principle of evil in
the profound need of growth and expansion--that is to say, in severe
self-love (the term itself is slanderous); and conversely to see a
higher moral value--but what am I talking about?--I mean the _moral
value per se,_ in the typical signs of decline, in the antagonism of
the instincts, in "selflessness," in the loss of ballast, in "the
suppression of the personal element," and in "love of one's neighbour"
(neighbouritis!). What! is humanity itself in a state of degeneration?
Has it always been in this state? One thing is certain, that ye are
taught only the values of decadence as the highest values. The morality
of self-renunciation is essentially the morality of degeneration; the
fact, "I am going to the dogs," is translated into the imperative,"
Ye shall all go to the dogs"--and not only into the imperative. This
morality of self-renunciation, which is the only kind of morality that
has been taught hitherto, betrays the will to nonentity--it denies life
to the very roots. There still remains the possibility that it is not
mankind that is in a state of degeneration, but only that parasitical
kind of man--the priest, who, by means of morality and lies, has
climbed up to his position of determinator of values, who divined in
Christian morality his road to power. And, to tell the truth, this
is my opinion. The teachers and I leaders of mankind--including the
theologians--have been, every one of them, decadents: hence their)
transvaluation of all values into a hostility towards; life; hence
morality. _The definition of morality;_ Morality is the idiosyncrasy of
decadents, actuated by a desire _to avenge themselves with success upon
life._ I attach great value to this definition.



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Have you understood me? I have not uttered a single word which I had
not already said five years ago through my mouthpiece Zarathustra.
The unmasking of Christian morality is an event which unequalled in
history, it is a real catastrophe. The man who throws light upon it
is a _force majeure,_ a fatality; he breaks the history of man into
two. Time is reckoned up before him

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Text Comparison with Considérations inactuelles, deuxième série Schopenhauer éducateur, Richard Wagner à Bayreuth

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L'un exige de l'éducateur qu'il reconnaisse immédiatement les dons particuliers de ses élèves et qu'il dirige ensuite toutes les forces et toutes les facultés vers cette unique vertu pour l'amener à la maturité véritable et à la fécondité.
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De même, quand Schopenhauer parle, nous ne nous rappelons pas le savant que la nature a doué de membres engourdis et inhabiles, le savant à la poitrine étroite, au geste anguleux et embarrassé ou à la démarche arrogante.
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Or, tout ce qui appartient au présent est indiscret, l'œil s'en voit influencé et déterminé, lors même que le philosophe ne le veut point; involontairement, sans une appréciation d'ensemble, on le taxe trop haut.
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Du moins l'indique-t-il dans les paroles que Jarno adresse à Wilhelm.
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La haine de la philosophie, qui se rencontre souvent chez les savants, est avant tout une haine des syllogismes et des démonstrations artificielles.
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Son amusement consiste à trouver des devinettes dans les sciences et à les résoudre; il le fera sans grand effort pour ne pas perdre le sentiment qu'il agit en joueur.
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Or, que signifie l'institution de la culture pour ces voyageurs si différents qui suivent deux routes? La foule énorme de ceux qui, sur la première route, se pressent vers le but ne voit dans cette institution que des règles et des lois au moyen desquelles l'ordre s'introduit dans ses rangs, en vue d'une poussée en avant des règles et des lois qui excluent de cette foule tous les récalcitrants et tous les solitaires, tous ceux qui visent à des buts encore plus élevés et plus lointains.
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Les philosophes grecs purent grandir dans ce même élément merveilleux et dangereux.
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que les philosophes dont ils n'ont pas besoin d'avoir peur.
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La seule critique d'une philosophie qui soit possible et qui démontre quelque chose, celle qui consiste à essayer si l'on peut vivre conformément à cette philosophie, n'a jamais été enseignée dans les universités, où l'on se contente de faire une critique des paroles en paroles.
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Laissez donc les philosophes penser en liberté, refusez-leur toute perspective d'une situation, tout espoir de prendre rang dans une position sociale, ne les stimulez pas par un traitement; mieux encore: persécutez-les, regardez-les avec défaveur et vous assisterez à des choses miraculeuses! Alors ils se disputeront pour trouver asile çà et là, les pauvres philosophes apparents! L'un trouvera une cure pastorale, l'autre un poste d'instituteur; celui-là ira se fourrer dans la rédaction d'un journal, un autre écrira des livres classiques pour pensionnats de jeunes filles.
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L'insuffisance des efforts peut parfois tenir aux circonstances, à l'inflexibilité du sort, et non au manque de force; mais celui qui ne peut renoncer à son aspiration, malgré l'insuffisance de ces efforts, s'ulcère en quelque sorte et devient par conséquent irritable et injuste.
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Dès qu'ils cherchent à s'expliquer entre eux et à s'associer en vue d'une œuvre commune, la folie des idées générales, le vertige des mots sonores s'empare d'eux.
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Il faut être Platon lui-même pour pouvoir, en présence de ce mélange d'extase violente et de frayeur, se décider quand même et s'adresser, ainsi qu'il fit, au poète dramatique pour lui dire: «Nous voulons un homme qui, par le moyen de sa sagesse, puisse se transformer en toutes sortes de choses et imiter toutes choses.
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La vie véritable de Wagner, c'est-à-dire la lente révélation du dramaturge dithyrambique, fut en même temps pour lui une lutte continuelle avec lui-même, en tant que ce dramaturge dithyrambique ne constituait pas l'unique élément de sa nature.
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Mais c'est maintenant seulement, avec ce terrible revirement dans ses destinées extérieures et intimes, que s'ouvre le chapitre de la vie du grand homme sur lequel s'étend, comme d'une coulée d'or fondu, l'éclat d'une perfection suprême.
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A première vue, cette nouvelle forme faisait l'effet d'un assemblage de plusieurs pièces de musique, dont chacune, prise isolément, représentait, en apparence, un état d'âme constant, mais qui n'était, en réalité, qu'un moment passager dans le cours dramatique de la passion.
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Déjà Nietzsche jugeait froidement l'homme qu'il vénérait plus que tout autre.
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bien qu'elle soit d'essence plus conservatrice.
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Christianisme idéalisé d'essence catholique.