Ecce Homo Complete Works, Volume Seventeen

By Friedrich Nietzsche

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revolt, I suffered,
in varying degrees of intensity, at the hands of almost every one who
came near me; it would seem that nothing inflicts a deeper wound than
suddenly to make one's distance felt. Those noble natures are scarce
who know not how to live unless they can revere. A third thing is
the absurd susceptibility of the skin to small pin-pricks, a kind of
helplessness in the presence of all small things. This seems to me a
necessary outcome of the appalling expenditure of all defensive forces,
which is the first condition of every _creative_ act, of every act
which proceeds from the most intimate, most secret, and most concealed
recesses of a man's being. The small defensive forces are thus, as it
were, suspended, and no fresh energy reaches them. I even think it
probable that one does not digest so well, that one is less willing
to move, and that one is much too open to sensations of coldness and
suspicion; for, in a large number of cases, suspicion is merely a
blunder in etiology. On one occasion when I felt like this I became
conscious of the proximity of a herd of cows, some time before I could
possibly have seen it with my eyes, simply owing to a return in me of
milder and more humane sentiments: _they_ communicated warmth to me....



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This work stands alone. Do not let us mention the poets in the
same breath; nothing perhaps has ever been produced out of such a
superabundance of strength. My concept "Dionysian" here became the
_highest_ deed; compared with it everything that other men have done
seems poor and limited. The fact that a Goethe or a Shakespeare would
not for an instant have known how to take breath in this atmosphere of
passion and of the heights; the fact that by the side of Zarathustra,
Dante is no more than a believer, and not one who first _creates_ the
truth--that is to say, not a world-ruling spirit, a _Fate_; the fact
that the poets of the Veda were priests and not even fit to unfasten
Zarathustra's sandal--all this is the least of things, and gives no
idea of the distance, of the azure solitude, in which this work dwells.
Zarathustra has an eternal right to say: "I draw around me circles and
holy boundaries. Ever fewer are they that mount with me to ever loftier
heights. I build me a mountain range of ever holier mountains." If all
the spirit and goodness of every great soul were collected together,
the whole could not create a single one

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Text Comparison with Ainsi Parlait Zarathoustra

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Votre plus haute pensée, permettez que je vous la commande - la voici: l'homme est quelque chose qui doit être surmonté.
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Misère de tous ceux qui donnentè! O obscurcissement de mon soleil! O désir de désirer! O faim dévorante dans la satiété! Ils prennent ce que je leur donne: mais suis-je encore en contact avec leurs âmes? Il y a un abîme entre donner et prendre; et le plus petit abîme est le plus difficile à combler.
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Vous avez mis devant vous le masque d'un dieu, hommes "purs": votre affreuse larve rampante s'est cachée sous le masque d'un dieu.
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Ils ont pris à la mer sa vanité; la mer n'est-elle pas le paon le plus vain entre tous les paons? Même devant le buffle le plus laid, elle étale sa roue; elle déploie sans se lasser la soie et l'argent de son éventail de dentelles.
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à côté d'elle une croyance: "Tout est vide, tout est pareil, tout est passé!" Et de toutes les collines résonnait la réponse: "Tout est vide, tout est pareil, tout est passé!" Il est vrai que nous avons moissonné: mais pourquoi nos fruits ont-ils pourri et bruni? Qu'est-ce qui est tombé la nuit dernière de la mauvaise lune.
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- Il n'était plus ni homme, ni berger, - il était transformé, rayonnant, il _riait!_ Jamais encore je ne vis quelqu'un rire comme _lui!_ O mes frères, j'ai entendu un rire qui n'était pas le rire d'un homme, - - et maintenant une soif me ronge, un désir qui sera toujours insatiable.
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Mes enfants fleurissent encore dans leur premier printemps, les uns auprès les autres, secoués ensemble par le vent, ce sont les arbres de mon jardin et de mon meilleur terrain.
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Par le bruit des paroles et des dés je m'amuse à duper les gens solennels qui attendent: je veux que ma volonté et mon but échappent à leur sévère attention.
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Mais certainement, c'est un estomac d'oiseau.
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vous avez la lèvre pendante: un petit souhait terrestre lui pèse encore! Et ne flotte-t-il dans votre regard pas un petit nuage de joie terrestre que vous n'avez pas encore oubliée? Il y a sur terre beaucoup de bonnes inventions, les unes utiles, les autres agréables: c'est pourquoi il faut aimer la terre.
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Ah! cette vieille folle sagesse! Si ta sagesse se sauvait une fois de toi, hélas! vite mon amour, lui aussi, se sauverait de toi.
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Et, en vérité, quand bien même l'homme gagnerait le monde entier, s'il n'apprenait pas cette seule chose, je veux dire de ruminer, à quoi tout le reste lui servirait-il! Car il ne se déferait point de sa grande affliction, - de sa grande affliction qui s'appelle aujourd'hui _dégoût_: et qui donc n'a pas aujourd'hui du dégoût plein le coeur, plein la bouche, plein les yeux? Toi aussi! Toi aussi! Mais vois donc ces vaches!" - Ainsi parla le prédicateur de la montagne, puis il tourna son regard vers Zarathoustra, - car jusqu'ici ses yeux étaient restés attachés avec amour sur les vaches: - mais soudain son visage changea.
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Tu es bon toi-même et meilleur encore qu'une vache, ô Zarathoustra!" "Va-t'en, va-t'en! vilain flatteur! s'écria Zarathoustra en colère, pourquoi veux-tu me corrompre par toutes ces louanges et le miel de ces flatteries? "Va-t'en, va-t'en loin de moi!" s'écria-t-il.
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3.
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Mais vous autres, quand je vois les yeux que vous faites, je croirais presque que vous cherchez _plus d'incertitude_, - plus de frissons, plus de dangers, plus de tremblements de terre.
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Un sage parfait n'aime-t-il pas suivre les chemins les plus tortueux? L'apparence le prouve, ô Zarathoustra , - _ton_ apparence!" - " Et toi-même enfin, dit Zarathoustra en s'adressant au plus laid des hommes qui était encore couché par terre, les bras tendus vers l'âne (car il lui donnait du vin à boire).
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Déjà je suis mort.
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Notre nature, c'est de créer un être plus haut que nous sommes nous-mêmes.
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_enseignée_ en premier lieu.
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Fritsch, à Leipzig (qui avait repris quelques mois avant le dépôt des oeuvres de Nietzsche), sous le titre: _Ainsi parlait Zarathoustra.