Beyond Good and Evil

By Friedrich Nietzsche

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there is
a hatred of the virgin forest and of the tropics among moralists? And
that the "tropical man" must be discredited at all costs, whether
as disease and deterioration of mankind, or as his own hell and
self-torture? And why? In favour of the "temperate zones"? In favour
of the temperate men? The "moral"? The mediocre?--This for the chapter:
"Morals as Timidity."

198. All the systems of morals which address themselves with a view to
their "happiness," as it is called--what else are they but suggestions
for behaviour adapted to the degree of DANGER from themselves in which
the individuals live; recipes for their passions, their good and bad
propensities, insofar as such have the Will to Power and would like
to play the master; small and great expediencies and elaborations,
permeated with the musty odour of old family medicines and old-wife
wisdom; all of them grotesque and absurd in their form--because
they address themselves to "all," because they generalize where
generalization is not authorized; all of them speaking unconditionally,
and taking themselves unconditionally; all of them flavoured not merely
with one grain of salt, but rather endurable only, and sometimes even
seductive, when they are over-spiced and begin to smell dangerously,
especially of "the other world." That is all of little value when
estimated intellectually, and is far from being "science," much less
"wisdom"; but, repeated once more, and three times repeated, it is
expediency, expediency, expediency, mixed with stupidity, stupidity,
stupidity--whether it be the indifference and statuesque coldness
towards the heated folly of the emotions, which the Stoics advised and
fostered; or the no-more-laughing and no-more-weeping of Spinoza, the
destruction of the emotions by their analysis and vivisection, which he
recommended so naively; or the lowering of the emotions to an innocent
mean at which they may be satisfied, the Aristotelianism of morals;
or even morality as the enjoyment of the emotions in a voluntary
attenuation and spiritualization by the symbolism of art, perhaps as
music, or as love of God, and of mankind for God's sake--for in religion
the passions are once more enfranchised, provided that...; or, finally,
even the complaisant and wanton surrender to the emotions, as has
been taught by Hafis and Goethe, the bold letting-go of the reins, the
spiritual and corporeal licentia morum in the exceptional cases of
wise old codgers and drunkards, with whom it "no longer has much
danger."--This also for the chapter: "Morals as Timidity."

199. Inasmuch as in all ages, as long as mankind has existed, there have
also been human herds (family alliances, communities, tribes, peoples,
states, churches), and always a great number who obey in proportion
to the

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Text Comparison with Considérations inactuelles, deuxième série Schopenhauer éducateur, Richard Wagner à Bayreuth

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A cause de cela notre époque passera peut-être, aux yeux de quelque lointaine postérité, pour la tranche la plus obscure et la plus immense de l'histoire, parce que la plus inhumaine.
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N'est-il pas inexplicable que nous vivions en ce moment, alors qu'un temps infini nous a formés, que nous ne disposions que de notre brève existence actuelle, au cours de laquelle nous devons montrer pourquoi et dans quel dessein nous sommes nés précisément aujourd'hui? Nous avons à répondre de notre existence devant nous-mêmes; c'est pourquoi nous voulons être aussi les véritables pilotes de cette existence et ne pas permettre que notre vie ressemble à un hasard sans idées directrices.
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Qui donc se souvient encore que l'éducation des savants, chez qui l'humanité ne doit être ni abandonnée ni desséchée, est un des problèmes les plus difficiles! Et pourtant on peut en apercevoir la difficulté si l'on fait attention aux nombreux exemplaires qui ont été déformés par un abandon trop précoce à la science et qui ont conservé de cette occupation même une gibbosité.
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Ce diplomate sagace qui n'avait vu Gœthe et ne lui avait parlé que superficiellement déclara à ses amis: «Voilà un homme qui a de grands chagrins!» Gœthe interpréta ces paroles en traduisant: «En voilà un qui ne s'est épargné aucune peine!» Et il ajoutait: «Si sur les traits de notre visage les traces de souffrances surmontées, d'actions accomplies ne peuvent s'effacer, il n'est pas étonnant que ce qui reste de nous et de nos efforts porte aussi ces traces.
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Tout homme trouve en lui-même une limitation, aussi bien de ses dons que de sa volonté morale, qui le remplit de désirs et de mélancolie; de même que le sentiment de son péché le fait aspirer à la sainteté: en tant qu'être intellectuel il porte en lui l'appétit profond du génie.
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bouleversement religieux et démoniaque, en quelque sorte à l'opposé de son compagnon si profondément anti-démoniaque, bien qu'il ne pût se débarrasser de ce compagnon et qu'il dût à la fois utiliser et mépriser sa méchanceté sceptique et sa négation--car tel est le sort tragique de tout révolté et de tout libérateur.
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que _commencent_ nos rapports avec cet idéal, avec des contrastes soudains de lumière et d'obscurité, d'ivresse et de dégoût et qu'une expérience se renouvelle pour nous qui est vieille comme l'idéal lui-même.
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Qui n'aurait besoin des eaux lustrales? Qui pourrait ne pas entendre la voix qui lui crie: tais-toi et sois pur! Se taire et être pur! Ce n'est qu'en tant que nous sommes de ceux qui entendent cette voix que nous sera accordé le _regard souverain_ dont nous avons besoin pour contempler l'événement de Bayreuth.
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Cet esprit descendit sur lui et l'enveloppa de ses ailes tutélaires, lui montra le chemin.
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Comment serait-il possible, dans de pareilles circonstances, de rester fidèle à soi-même, de se conserver tout entier? Ce doute l'accablait souvent et il l'exprimait alors comme un artiste exprime ses doutes, par des créations artistiques.
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Dans l'image que nous présente le tragique chef-d'œuvre qu'est Bayreuth nous voyons au contraire la lutte des individus contre tout ce qui s'oppose à eux sous la forme d'une invincible nécessité.
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Voilà ce que se propose la tragédie.
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Tout d'abord il sut reconnaître un état de crise qui s'étend aujourd'hui aussi loin que va la civilisation, ce lien des peuples.
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Dès le début nous sentons que nous sommes en présence de courants opposés, mais aussi d'un fleuve puissant qui les domine tous.
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Ces adversaires sont à plaindre; ils s'imaginent qu'ils perdent beaucoup quand ils renoncent à eux-mêmes et ils sont dans l'erreur.
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Quand je vous reverrai je veux vous dire exactement ce que j'ai _compris_.
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) Au cours de tous les siècles français, a-t-on jamais imprimé et dit en France tant de sottises qui déshonorent qu'à cette occasion? Mais aux obsèques de Richard Wagner les flatteries de la reconnaissance s'égarèrent jusqu'à proférer le «pieux» souhait: «le salut pour le sauveur!» 8.
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partie des démagogues de l'art qui savent agir sur l'instinct des masses et qui, par là même, subordonnent les instincts de ces jeunes gens dont les désirs vont à la puissance.
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