Ainsi Parlait Zarathoustra

By Friedrich Nietzsche

Page 168

les puissants de la terre ne sont pas en même temps les
premiers hommes. C'est alors que tout devient faux et monstrueux, que
tout va de travers.

Et quand ils sont les derniers même, et plutôt des animaux que des
hommes: alors la populace monte et monte en valeur, et enfin la vertu
populacière finit par dire: "Voici, c'est moi seule qui suis la vertu!"
-

"Qu'est-ce que je viens d'entendre? répondit Zarathoustra; quelle
sagesse chez des rois! Je suis ravi, et, vraiment, déjà j'ai envie de
faire un couplet là-dessus: - mon couplet ne sera peut-être pas pour
les oreilles de tout le monde. Il y a longtemps que j'ai désappris
d'avoir de l'égard pour les longues oreilles. Allons! En avant!

(Mais à ce moment il arriva que l'âne, lui aussi, prit la parole: il
prononça distinctement et avec mauvaise intention I-A.)

_Autrefois - je crois que c'était en l'an un -
La sibylle dit, ivre sans avoir bu de vin:
"Malheur, maintenant cela va mal!
"Déclin! Déclin! Jamais le monde n'est tombé si bas!
Rome s'est abaissée à la fille, à la maison publique,
Le César de Rome s'est abaissé à la bête,
Dieu lui-même s'est fait juif!"_


2.


Les rois se délectèrent de ce couplet de Zarathoustra; cependant le roi
de droite se prit à dire: "O Zarathoustra, comme nous avons bien fait
de nous mettre en route pour te voir!

Car tes ennemis nous ont montré ton image dans leur miroir: tu y avais
la grimace d'un démon au rire sarcastique: en sorte que nous avons eu
peur de toi.

Mais qu'importe! Toujours à nouveau tu pénétrais dans nos oreilles et
dans nos coeurs avec tes maximes. Alors nous avons fini par dire:
qu'importe le visage qu'il a!

Il faut que nous _l'entendions_, celui qui enseigne: "Vous devez aimer
la paix, comme un moyen de guerres nouvelles, et la courte paix plus
que la longue!"

Jamais personne n'a prononcé de paroles aussi guerrières: "Qu'est-ce
qui est bien? Etre braves voilà qui est bien. C'est la bonne guerre
qui sanctifie toute cause."

O Zarathoustra, à ces paroles le sang de nos pères s'est retourné dans
nos corps: cela a été comme la parole du printemps à de vieux tonneaux
de vin.

Quand les glaives se croisaient, semblables à des serpents tachetés de
sang, alors nos pères se sentaient portés vers la vie; le soleil de la
paix leur semblait flou et tiède, mais la longue paix leur faisait
honte.

Comme ils soupiraient, nos pères, lorsqu'ils voyaient au mur des
glaives polis et inutiles! Semblables à ces glaives ils avaient soif
de

Last Page Next Page

Text Comparison with Thus Spake Zarathustra: A Book for All and None

Page 2
Persians were the first to take a broad and comprehensive view of history.
Page 30
I tell you, your very Self wanteth to die, and turneth away from life.
Page 38
I know you.
Page 49
-- Thus spake Zarathustra.
Page 52
Living monuments shalt thou build to thy victory and emancipation.
Page 67
Be it forgotten and dead, still its ray of light liveth and travelleth.
Page 80
That is your entire will, ye wisest ones, as a Will to Power; and even when ye speak of good and evil, and of estimates of value.
Page 91
They have learned from the sea also its vanity: is not the sea the peacock of peacocks? Even before the ugliest of all buffaloes doth it spread out its tail; never doth it tire of its lace-fan of silver and silk.
Page 106
But it breatheth warmly--I feel it.
Page 112
Away with thee, thou blissful hour! With thee hath there come to me an involuntary bliss! Ready for my severest pain do I here stand:--at the wrong time hast thou come! Away with thee, thou blissful hour! Rather harbour there--with my children! Hasten! and bless them before eventide with MY happiness! There, already approacheth eventide: the sun sinketh.
Page 113
Mute o'er the raging sea hast thou risen for me to-day; thy love and thy modesty make a revelation unto my raging soul.
Page 123
His second companions, however--they will call themselves his BELIEVERS,--will be a living host, with much love, much folly, much unbearded veneration.
Page 136
Now, however, are we firstlings! We all bleed on secret sacrificial altars, we all burn and broil in honour of ancient idols.
Page 143
He who hath grown wise concerning old origins, lo, he will at last seek after the fountains of the future and new origins.
Page 153
THE SEVEN SEALS.
Page 214
Sweet lyre! Sweet lyre! I love thy tone, thy drunken, ranunculine tone!--how long, how far hath come unto me thy tone, from the distance, from the ponds of love! Thou old clock-bell, thou sweet lyre! Every pain hath torn thy heart, father-pain, fathers'-pain, forefathers'-pain; thy speech hath become ripe,-- --Ripe like the golden autumn and the afternoon, like mine anchorite heart--now sayest thou: The world itself hath become ripe, the grape turneth brown, --Now doth it wish to die, to die of happiness.
Page 225
In the penultimate verse he makes known his discovery concerning the root of modern Nihilism and indifference,--i.
Page 248
In the presence of the ugliest man Nietzsche blushes,--he blushes for his race; his own particular kind of altruism--the altruism that might have prevented the existence of this man--strikes him with all its force.
Page 251
The struggle for existence is indeed the only spur in the case of such people.
Page 255
for they retreat horror-stricken into the cave when the lion springs at them; but Zarathustra makes not a move towards them.