Ainsi Parlait Zarathoustra

By Friedrich Nietzsche

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c'est une honte de prier!

Tu le sais bien: le lâche démon en toi qui aime à joindre les mains ou
à croiser les bras et qui désire une vie plus facile: - ce lâche démon
te dit: "Il _est_ un dieu!'

Mais ainsi tu es de ceux qui fuient la lumière, de ceux que la lumière
inquiète sans cesse. Maintenant il te faut quotidiennement plonger ta
tête plus profondément dans la nuit et les ténèbres.

Et, en vérité, tu as bien choisi ton heure: car les oiseaux de nuit ont
repris leur vol. L'heure des êtres nocturnes est venue, l'heure du
chômage où ils ne - "chôment" pas.

Je l'entends et je le sens: l'heure est venue des chasses et des
processions, non des chasses sauvages, mais des chasses douces et
débiles, reniflant dans les coins, sans faire plus de bruit que le
murmure des prières, - des chasses aux cagots, pleins d'âme: toutes les
souricières des coeurs sont de nouveau braquées! Et partout où je
soulève un rideau, une petite phalène se précipite dehors.

Était-elle blottie là avec une autre petite phalène? Car partout je
sens de petites communautés cachées; et partout où il y a des réduits,
il y a de nouveaux bigots avec l'odeur des bigots.

Ils se mettent ensemble pendant des soirées entières et ils se disent:
"Redevenons comme les petits enfants et invoquons le bon Dieu!" - Ils
ont la bouche et l'estomac gâtés par les pieux confiseurs.

Ou bien, durant de longs soirs, ils regardent les ruses d'une araignée
à l'affût, qui prêche la sagesse aux autres araignées, en leur
enseignant: "Sous les croix, il fait bon tisser sa toile!"

Ou bien ils sont assis pendant des journées entières à pêcher à la
ligne au bord des marécages, et ils croient que c'est là être
_profond_; mais celui qui pêche où il n'y a pas de poisson, j'estime
qu'il n'est même pas superficiel!

Ou bien ils apprennent avec joie et piété à jouer de la harpe chez un
chansonnier qui aimerait bien s'insinuer dans le coeur des petites
jeunes femmes: - car ce chansonnier est fatigué des vieilles femmes et
de leurs louanges.

Ou bien ils apprennent la peur chez un sage à moitié détraqué qui
attend, dans des chambres obscures, que les esprits apparaissent -
tandis que leur esprit disparaît entièrement!

Ou bien ils écoutent un vieux charlatan, musicien ambulant, à qui la
tristesse du vent a enseigné la lamentation des tons; maintenant il
siffle d'après le vent et il prêche la tristesse d'un ton triste.

Et quelques-uns d'entre eux se sont même faits veilleurs

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Text Comparison with Homer and Classical Philology

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Kennedy, Translator, 1910] HOMER AND CLASSICAL PHILOLOGY.
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But, on the other hand, there is a boundless and infuriated hatred of philology wherever an ideal, as such, is feared, where the modern man falls down to worship himself, and where Hellenism is looked upon as a superseded and hence very insignificant point of view.
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From this point onwards we must take notice of a clearly determined and very surprising antagonism which philology has great cause to regret.
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The entire scientific and artistic movement of this peculiar centaur is bent, though with cyclopic slowness, upon bridging over the gulf between the ideal antiquity--which is perhaps only the magnificent blossoming of the Teutonic longing for the south--and the real antiquity; and thus classical philology pursues only the final end of its own being, which is the fusing together of primarily hostile impulses that have only forcibly been brought together.
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The eyes of those critics were tirelessly on the lookout for discrepancies in the language and thoughts of the two poems; but at this time also a history of the Homeric.
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e.
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Let us imagine ourselves as living in the time of Pisistratus: the word "Homer" then comprehended an abundance of dissimilarities.
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A second party, on the other hand, sheltered themselves beneath the authority of Aristotle, who especially admired Homer's "divine" nature in the choice of his entire subject, and the manner in which he planned and carried it out.
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For this discovery prepared the way for a coming scientific view of history, which was until then, and in many respects is even now, a mere collection of materials, with the prospect that new materials would continue to be added, and that the huge, overflowing pile would never be systematically arranged.
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[1] Of course Nietzsche saw afterwards that this was not so.
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The less there is known about the life and times of the poet, the less applicable is this mechanism.
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Where, however, a poet is unable to observe artistically with a single glance,.
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But that stringing together of some pieces as the manifestations of a grasp of art which was not yet highly developed, still less thoroughly comprehended and generally esteemed, cannot have been the real Homeric deed, the real Homeric epoch-making event.
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And that wonderful genius to whom we owe the _Iliad_ and the _Odyssey_ belongs to this thankful posterity: he, too, sacrificed his name on the altar of the primeval father of the Homeric epic, Homeros.
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--TR.
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great homogeneous views alone remain.