Ainsi Parlait Zarathoustra

By Friedrich Nietzsche

Page 120

fou écumant et lui
ferma la bouche.

"Te tairas-tu enfin! s'écria Zarathoustra, il y a longtemps que ta
parole et ton allure me dégoûtent!

Pourquoi as-tu vécu si longtemps au bord du marécage, te voilà, toi
aussi, devenu grenouille et crapaud!

Ne coule-t-il pas maintenant dans tes propres veines, le sang des
marécages, vicié et mousseux, car, toi aussi, tu sais maintenant
coasser et blasphémer?

Pourquoi n'es-tu pas allé dans la forêt? Pourquoi n'as-tu pas labouré
la terre? La mer n'est-elle pas pleine de vertes îles?

Je méprise ton mépris; et si tu m'avertis, - pourquoi ne t'es-tu pas
averti toi-même?

C'est de l'amour seul que doit me venir le vol de mon mépris et de mon
oiseau avertisseur: et non du marécage! -

On t'appelle mon singe, fou écumant: mais je t'appelle mon porc
grognant - ton grognement finira par me gâter mon éloge de la folie.

Qu'était-ce donc qui te fit grogner ainsi? Personne ne te flattait
assez: - c'est pourquoi tu t'es assis à côté de ces ordures, afin
d'avoir des raisons pour grogner, - afin d'avoir de nombreuses raisons
de _vengeance_! Car la vengeance, fou vaniteux, c'est toute ton écume,
je t'ai bien deviné!

Mais ta parole de fou est nuisible pour _moi_, même lorsque tu as
raison! Et quand même la parole de Zarathoustra aurait mille fois
raison: _toi_ tu me _ferais_ toujours tort avec ma parole!"

Ainsi parlait Zarathoustra, et, regardant la grande ville, il soupira
et se tut longtemps. Enfin il dit ces mots:

Je suis dégoûté de cette grande ville moi aussi; il n'y a pas que ce
fou qui me dégoûte. Tant ici que là il n'y a rien à améliorer, rien à
rendre pire!

Malheur à cette grande ville! - Je voudrais voir déjà la colonne de feu
qui l'incendiera!

Car il faut que de telles colonnes de feu précèdent le grand midi.
Mais ceci a son temps et sa propre destinée.-

Je te donne cependant cet enseignement en guise d'adieu, à toi fou:
lorsqu'on ne peut plus aimer, il faut - _passer!_ -

Ainsi parlait Zarathoustra et il passa devant le fou et devant la
grande ville.





DES TRANSFUGES


1.


Hélas! tout ce qui, naguère, était encore vert et coloré sur cette
prairie est déjà fané et gris maintenant! Et combien j'ai porté de
miel d'espérance d'ici à ma ruche!

Tous ces jeunes coeurs sont déjà devenu vieux, - et à peine s'ils sont
vieux! ils sont fatigués seulement, vulgaires et nonchalants: - ils
expliquent cela en disant: "Nous sommes redevenus pieux."

Naguère encore je les vis marcher à la première heure sur des jambes
courageuses: mais leurs

Last Page Next Page

Text Comparison with Dityrambeja

Page 0
On henkemme ylpee.
Page 1
Te polvistukaa, miljonat, valtiaan eteen, kun voittojensa vaunut ne ylitsenne käy, hän kovimmista kovin on, vahana vaipuu ken käskynsä valtaa ei tuntevan näy, te taivutte, uudesti-luojanne taltta kun raivoten marmorinne pintahan lyö, te vapisette, luovat ovat ankaria aina, ja murtaminen aina on ankaran työ! 2.
Page 2
On sankari poissa, mut huipuilta henki ylpeä, ylhäinen kylmänä katsoo.
Page 3
Arpa langennut on, rajan kielletyn yli sotajoukkonsa sankari uhmaten ohjaa.
Page 4
VOITTAJA PUHUU.
Page 5
Hän saapuvi, antavi maalin, mi säihkyy purppuraruskona taivaalla, jonka kaukainen kansi hehkuvi autuutta maallisen riemun.
Page 6
-- Mua kuuliko kenkään, oi?.