Ainsi Parlait Zarathoustra

By Friedrich Nietzsche

Page 108

malheurs - pour _ma_ dernière épreuve et _mon_
dernier examen de conscience.

Et, en vérité, il était temps que je partisse, et l'ombre du voyageur
et le temps le plus long et l'heure la plus silencieuse, - tous m'ont
dit: "Il est grand temps!"

Le vent a soufflé dans le trou de la serrure et m'a dit: "Viens!" La
porte s'est ouverte sournoisement et m'a dit: "Va!"

Mais j'étais enchaîné à l'amour pour mes enfants: c'est le désir qui
m'attachait par ce lien, le désir d'amour, afin de devenir la proie de
mes enfants et de me perdre pour eux.

Désirer - pour moi c'est déjà: me perdre. _Je vous ai, mes enfants!_
Dans cette possession, tout doit être certitude et rien ne doit être
désir.

Mais le soleil de mon amour brûlait sur ma tête, Zarathoustra cuisait
dans son propre jus, - alors des ombres et des doutes ont passé sur moi.

Déjà je désirais le froid et l'hiver: "O que le froid et l'hiver me
fassent de nouveau grelotter et claquer des dents!" soupirai-je: -
alors des brumes glaciales s'élevèrent de moi.

Mon passé brisa ses tombes, mainte douleur enterrée vivante se réveilla
-: elle n'avait fait que dormir cachée sous les linceuls.

Ainsi tout me disait par des signes: "Il est temps!" Mais moi - je
m'entendais pas: jusqu'à ce qu'enfin mon abîme se mis à remuer et que
ma pensée me mordît.

Hélas! pensée venue de mon abîme, toi qui es _ma_ pensée! Quand
trouverai-je la force de t'entendre creuser et de ne plus trembler?

Le coeur me bat jusqu'à la gorge quand je t'entends creuser! Ton
silence même veut m'étrangler, toi qui es silencieuse comme mon abîme
est silencieux!

Jamais encore je n'ai osé t'appeler à la _surface_: il m'a suffi de te
porter en moi! Je n'ai pas encore été assez fort pour la dernière
audace du lion, pour la dernière témérité.

Ta lourdeur m'a toujours été terrible: mais un jour je veux trouver la
force et la voix du lion pour te faire monter à la surface!

Quand j'aurai surmonté cela en moi, je surmonterai une plus grande
chose encore, et une _victoire_ sera le sceau de mon accomplissement! -

Jusque-là je continue à errer sur des mers incertaines; le hasard me
lèche et me cajole; je regarde en avant, en arrière, - je ne vois pas
encore la fin.

L'heure de ma dernière lutte n'est pas encore venue, - ou bien me
vient-elle en ce moment? En vérité, avec une beauté maligne, la mer et
la vie qui m'entourent me regardent!

O après-midi de ma vie!

Last Page Next Page

Text Comparison with The Joyful Wisdom Complete Works, Volume Ten

Page 2
.
Page 3
.
Page 9
_ "No longer path! Abyss and silence chilling!" Thy fault! To leave the path thou wast too willing! Now comes the test! Keep cool--eyes bright and clear! Thou'rt lost for sure, if thou permittest--fear.
Page 20
If then such exceptional men do not perceive themselves as exceptions, how can they ever understand the ignoble natures and estimate average men fairly! Thus it is that they also speak of the folly, inexpediency and fantasy of mankind, full of astonishment at the madness of the world, and that it will not recognise the "one thing needful for it.
Page 36
Corruption is only an abusive term for the _harvest time_ of a people.
Page 43
43.
Page 68
_--Those few daring words about moral matters which Fontenelle threw into his immortal _Dialogues of the Dead,_ were regarded by his age as paradoxes and amusements of a not unscrupulous wit; even the highest judges of taste and intellect saw nothing more in them,--indeed, Fontenelle himself perhaps saw nothing more.
Page 70
A loquacity which comes from pure satisfaction in noise and confusion of feelings: for example in Carlyle.
Page 71
_The Followers of Schopenhauer.
Page 82
_ Knowledge, thus became a portion of life itself, and as life it became a continually growing power: until finally the cognitions and those primeval, fundamental errors clashed with each other, both as life, both as power, both in the same man.
Page 83
_Cause and Effect.
Page 85
While we feel law and regulation as constraint and loss, people formerly regarded egoism as a painful thing, and a veritable evil.
Page 97
Reversely, one may always conclude with regard to an actual elevation of culture, when powerful and ambitious natures only produce a limited and sectarian effect: this is true also for the separate arts, and for the provinces of knowledge.
Page 114
_--It seems to me that most men do not believe in lofty moods, unless it be for the moment, or at the most for a quarter of an hour,--except the few who know by experience a longer duration of high feeling.
Page 119
But one day the habit has had its time: the good thing separates from me, not as something which then inspires disgust in me--but peaceably, and as though satisfied with me, as I am with it; as if we had to be mutually thankful, and _thus_ shook hands for farewell.
Page 120
It is probable that for many millenniums knowledge was afflicted with a bad conscience, and there must have been much self-contempt and secret misery in the history of the greatest intellects.
Page 146
.
Page 159
.
Page 176
" (I have forgotten to mention what my enlightened Wagnerian answered to my physiological objections: "So the fact is that you are really not healthy enough.
Page 193
.